
dans la maison de campagne de papy,
j'étais tout heureux à l'idée de te revoir.
Peu de temps après notre arrivée,
tu apparaissais en te faufilant à travers la haie.
Comme tu étais belle et docile.
Caniche nain d'à peine 4 kg,
je faisais le beau devant cette princesse
trois fois plus grande que moi.
Tu étais libre de te promener
alors que mes maîtres me rappelaient
si je tentais de te suivre.
Libre, tu l'étais, car tes maîtres
se souciaient peu de toi.
Tu avais donc décidé
de t'installer près de nous
et, tard le soir, alors que j'allais
me coucher sur un lit bien douillet,
tu te couchais sur le paillasson
à l'abri du auvent, devant la porte close.
Le matin, tu étais toujours là.
Pourquoi ne rentrais-tu pas chez toi ?
Je suis parti, et, du Pont-de-l'Arc-Ciel,
je veillais sur toi.
L'hiver, la maison de campagne fermée,
tu avais trouvé refuge auprès de Michel
qui t'a abritée et nourrie.
Tu ne le quittais plus.
Ensemble, vous faisiez de grandes promenades.
Quand la maison s'est réveillée,
tu es revenue voir papy
et votre joie était immense.
Tu as repris tes habitudes.
Les nuits humides fragilisaient
tes articulations endolories par l'arthrose.
Un matin, ma maîtresse t'a fait entrer.
A l'aide d'un linge elle a épongé ton poil trempé.
Près du feu, tu t'es réchauffée
et ton regard était plein de reconnaissance.
Tu avais de la peine à te relever
mais toujours demandeuse de promenades,
tu courais, heureuse et oubliais tes douleurs.
Tu étais une chienne de berger,
une chienne de la campagne.
Tu avais 14 ans.
Tu m'as rejoint sur le Pont-de-l'Arc-en-Ciel,
tu laisses un grand vide autour de toi




Tu aimais aller boire à "la source"
celle-ci n'est qu'imaginaire

Nous ne t'oublierons pas

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